Lydia Flem

  • Fascinée par une ruelle, née il y a cinq cents ans entre la place Saint-Sulpice et le jardin du Luxembourg, j'ai cherché à découvrir celles et ceux qui y ont vécu de siècle en siècle, de numéro en numéro, d'étage en étage, depuis 1518. La rue Férou est devenue le lieu d'une question existentielle : qu'est-ce qui donne le sentiment d'être chez soi quelque part ? D'habiter tout à la fois son corps, sa maison et le monde ?
    Je me suis glissée dans la peau d'un photographe du xixe siècle et d'une comédienne de la Comédie-Française au xviiie, j'ai accompagné Man Ray dans son atelier, Mme de La Fayette dans sa maison d'enfance ou des religieuses dans leur couvent. Comme une psychanalyste prête à tout entendre, à tout écouter, sans choisir ni trier, j'ai ouvert ma porte aux voix du passé.
    Sous la rue Férou, j'ai découvert ma rue Férou, hantée par le cortège de celles et ceux qui n'ont pas d'autres traces pour dire leur passage sur cette terre que des listes de noms.
    Singulière ruelle qui s'absente à ses deux bouts. Ses pierres recèlent des trésors d'histoires, de légendes, de questions sans réponses et de réponses sans questions.
    Une rue, dix maisons, cent romans.
    Paris Fantasme.

  • Pour la première fois réunie en un seul volume, la trilogie familiale de Lydia Flem se lit comme le roman de la transmission sur trois générations d'une histoire d'amour, de deuil et d'orages émotionnels. Au moment de clore Comment j'ai vidé la maison de mes parents (2004), Lydia Flem n'a pas mis de point final. Aussi a-t-elle enchaîné avec les Lettres d'amour en héritage (2006), où elle raconte la correspondance amoureuse entre Boris et Jacqueline, ses parents. Dans la foulée, comme c'est au même moment que les parents nous quittent et que les enfants nous larguent, est né le troisième volet, Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils (2009).

  • L'héritage n'est pas un cadeau. Comment recevoir des choses que l'on ne nous a pas données ? Quand Lydia Flem a perdu ses parents, elle s'est demandée comment elle pourrait vider leur maison sans liquider leur passé. Les premiers jours, elle se persuadait qu'elle allait « ranger » et non pas « vider » la maison de ses parents. Il lui arriva plusieurs fois de prononcer un verbe pour l'autre. Dans ce livre, elle raconte cette épreuve que chacun de nous vit un jour avec sensibilité, humour et sans tabou. À tout âge on devient orphelin.

    Membre de l'Académie royale de Belgique et psychanalyste, Lydia Flem est l'auteur de Lettres d'amour en héritage (2006) et de Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils (2009). Ses livres sont traduits en quinze langues.

  • Lors de sa parution en 1986, le livre de Lydia Flem avait rencontré une large audience. C'était le premier ouvrage d'une jeune femme qui arrivait sur une scène où se bousculaient tant de figures de la psychanalyse en France. Sa venue avait néanmoins retenu l'attention de ceux qui espéraient un renouvellement du langage psychanalytique.
    Lydia Flem entreprenait non pas « un retour à Freud » mais un cheminement avec lui, à travers un style qui, en un sens, traduit en écriture le geste sensible de Freud prenant l'auteure par le bras dans un rêve qui présage le livre et qu'on lit en ouverture.
    Dans son ouvrage l'auteure choisit de souligner l'importance de ce que Freud veut dire par « cristallisation des expériences de la vie quotidienne » en adoptant une démarche qui allie histoire et littérature. Car c'est dans son écriture que Lydia Flem éclaire l'entrelacement du sensible et de l'abstrait qui sont au principe de l'élaboration du quotidien comme concept freudien. Lorsque l'écriture n'est pas qu'un moyen, mais le lieu d'une expérience, comme dans le cas présent, elle produit l'écrivain, plus exactement cette sorte d'écrivain qui conduit son lecteur à éprouver le passé comme un présent vivant, parce qu'il a engrangé ce que le savoir historique du moment a établi en le traduisant dans un récit et dans un style.
    On mesure, dans un après-coup de trente ans, combien ce premier livre d'une jeune auteure (elle avait trente-trois ans) a creusé un sillon dans lequel furent semés d'autres livres dont le quotidien est au coeur du récit, en pensant à Comment j'ai vidé la maison de mes parents (2004), ou bien à La Reine Alice (2011).

    Fethi Benslama.

  • Alors qu'elle vient de perdre ses parents, Lydia Flem voit ses repères vaciller quand sa fille Sophie et son beau-fils (qu'elle préfère nommer son « quasi-fils ») Jonathan quittent le nid familial. Coincée entre deux générations, ses parents qui disparaissent et ses enfants qui deviennent adultes, qui est-elle désormais ? Psychanalyste de formation, l'auteur évoque avec sincérité et talent cet angoissant bouleversement des rôles, et explique comment cette double séparation a été l'occasion d'une métamorphose intérieure et d'un nouveau départ.

  • Les habits collent à la peau. Ils nous protègent et nous exposent. Le vêtement qui happe le regard social trahit notre part d'ombre. Les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans cette course aux apparences. Dans ce livre Lydia Flem raconte les vêtements de ses souvenirs. Sur un mode ludique, elle poursuit sa quête de l'intime en adoptant une forme devenue classique depuis les Je me souviens de Georges Perec dans les années 1970.
    Cette forme, Perec l'a métamorphosée après l'avoir empruntée à l'artiste américain Joe Brainard, ami de son ami Harry Mathews. De la petite fille à l'amante, de la séductrice à la militante des droits de la femme et des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans.), Lydia Flem s'amuse à psychanalyser, jouant des associations involontaires de sa mémoire, nos gestes et nos codes vestimentaires.

  • La reine Alice

    Lydia Flem

    Alice est passée de l'autre côté du miroir. Un instant plus tôt rien n'était arrivé, un instant plus tard tout était bouleversé. Dans le « Labyrinthe des Agitations vaines », la dame aux turbans se bat contre la souffrance. Persécutée par la Science mais protégée par la magie de l'amitié, l'héroïne affronte les épreuves. Entre rires et larmes, Alice découvre en elle-même des ressources insoupçonnées.

  • Parmi tous les souvenirs qui restent à Lydia Flem de ses parents, ceux qui occupent une place unique se trouvent dans trois boîtes découvertes dans leur grenier. Elles contiennent la correspondance amoureuse que ses parents ont échangée pendant trois ans. Ce qu'elle y découvre, ce n'est pas seulement une histoire d'amour, mais aussi une histoire fondatrice. En assumant le passé, elle va ouvrir des horizons du présent.

  • Entre Casanova et nous, il y a deux siècles de malentendu. On le croyait un Don Juan de salon, il est l'ami des femmes et l'un des plus grands écrivains du XVIIIe siècle.
    Le Vénitien se jette dans l'existence sans rien vouloir en retour, sinon la plus scandaleuse des récompenses : le plaisir. Pour les femmes, Casanova est un homme disponible. Généreux, il ne connaît la volupté que lorsqu'elle est partagée.
    À la fin de son existence, exilé dans un château de Bohême, cet amoureux de la langue française écrit treize heures par jour l'Histoire de ma vie. Pour Casanova, le vrai bonheur est alors dans la mémoire du temps retrouvé.
    Lydia Flem célèbre l'insolent héritage de Giacomo Casanova : au-delà du plaisir il y a encore du bonheur.

  • Panique

    Lydia Flem

    La gorge qui se rétrécit, la respiration qui se bloque, l'asphyxie qui gagne, et au-delà de ces sensations, un écartèlement de tout l'être, une dépossession de soi, la sensation d'une mort imminente : dans ce récit littéraire intime et saisissant, Lydia Flem raconte les phobies qui peuvent nous toucher au quotidien et la panique qui en résulte.

  • L'homme freud

    Lydia Flem

    • Points
    • 18 Avril 1995

    A la manière d'un détective, lydia flem se glisse dans l'intimité créatrice de freud.
    L'auteur montre comment les idées de freud s'articulent à sa passion archéologique, son expérience clinique à ses lectures, l'élaboration de sa théorie à son auto-analyse, le plus singulier au plus universel. dans l'atelier du créateur, tout se mêle et prend sens, le charnel avec l'abstrait, le quotidien avec le sublime, le jeu avec le sérieux.

  • Absolument charnelle, entièrement psychique, telle est la voix, toujours à la limite du corps et de l'esprit, de l'intime et du social, du soi et du monde.

    à travers les portraits de personnages d'opéra qui me hantent, j'ai voulu m'approcher des mystérieux enchantements de la voix humaine, de sa puissance primordiale, des sentiments d'amour qu'elle porte jusqu'à l'incandescence.
    Me voici à présent déroulant sans pudeur le catalogue de mes voluptés lyriques, prenant les lecteurs à témoin.
    L'histoire qui commence est notre histoire, notre opéra intérieur.

    L. f.

  • Entre casanova et nous, il y a presque deux siècles d'ignorance et de malentendu.
    On le croyait don juan de salon et mauvais bougre, on le découvre homme des lumières et ami des femmes.
    Dans ce livre, lydia flem raconte comment l'enfant de venise, malade et abadonné par sa mère, devient un homme audacieux, insolent, prêt à tout entreprendre. casanova se jette dans l'existence sans rien vouloir en retour, sinon la plus scandaleuse des récompenses : le plaisir.
    Pour les femmes, le vénitien est un homme disponible, un amant sans conséquences.
    Toujours généreux, il se donne sans compter et ne trouve la volupté que lorsqu'elle est partagée. son art de vivre est un exercice du bonheur.
    A paris, rome, berlin, saint-pétersbourg, spa ou londres, ce fils de comédiens se sent partout chez lui. des salons aristocratiques aux bas-fonds, des alcôves aux couvents, des tables de jeux aux cénacles d'érudits, on le retrouve dans tous les cercles de la société du xviiie siècle.
    Tour à tour ignoré puis comblé par la bonne fortune, casanova rebondit toujours.
    Exilé dans un château de bohême, rattrapé par la vieillesse, cet amoureux de la langue française écrit treize heures par jour l'histoire de sa vie. dernier pied de nez à la postérité, le vénitien devient moraliste. non content d'avoir fait de la volupté de vivre le principe d'une existence, il affirme que le vrai bonheur est celui qu'offre la mémoire.
    Au-delà du plaisir, il y a encore du bonheur, voilà l'insolente morale de giacomo casanova.

  • Journal implicite

    Lydia Flem

    Lydia Flem prend des photographies comme elle écrit ses livres : avec malice. Munie d'un appareil numérique, elle assemble, compose, isole et révèle le monde sensible qu'elle habite et qui l'habite. Elle se joue de l'intime et accompagne ses séries de textes brefs, précieux indices pour lire ses images.

  • La violence raciste a emprunté au cours de l'histoire des formes variées, mouvantes, hétérogènes : qu'y a t-il de commun entre le rejet des immigrés et le mépris pour les peuples soumis à la colonisation, entre l'eugénisme et l'antisémitisme ? pourquoi trouve-t-on à la fois l'angoisse face à l'autre, l'étranger, et la fascination de l'exotisme ? Le racisme se dérobe à un système explicatif global. Il se prête au contraire aux descriptions ponctuelles des faits historiques et aux hypothèses fragmentaires : aussi l'arbitraire de l'ordre alphabétique s'adapte-t-il parfaitement à la réalité discontinue du racisme, à ses multiples ramifications. C'est l'objet de ce lexique qui traverse temps et lieux pour nous faire entendre l'effroyable rumeur.

  • Discours de réception de Lydia Flem à l'Académie royale de Belgique accueillie par Jacques de Decker.

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